Journées de la clairière : des artistes locaux s’expriment

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Ouvertes ce jeudi 29 octobre 2020 à Banfora et ce, pour 96 heures, les journées de la clairière sont, aux dires de son promoteur et PDG de la structure Gouafo Prod, Alphonse Karama, une tribune d’expression offerte aux artistes locaux. Nous avons fait le tour et avons recueilli les avis de certains artistes. Tout en saluant l’initiative des journées, ils n’ont pas caché leurs mécontentements vis-à-vis de certains promoteurs. Lisez plutôt !

 

Coulibaly Awa née Yigo alias Tantie Rebecca (Artiste)

« Nous avons été valorisés »

Nous saluons de tout cœur cette initiative que le PDG de Gouafo Prod, Alphonse Karama a eu pour la promotion des artistes de la région des cascades mais aussi pour la valorisation de la culture de Banfora. Il y a beaucoup de festivals qui passent dans la région des Cascades mais il faut reconnaitre que les artistes locaux sont négligés. C’est de vive voix que je dis que nous sommes exploités puisque nous sommes sur place. Un promoteur d’un festival préfère inviter un artiste d’ailleurs pour son activité à coup de million et donner des miettes aux artistes locaux. C’est généralement 25000, 10000 F CFA. Pour ce qui est de ces journées de la clairière, l’effort a été fait par le promoteur. En tant qu’artistes et troupes locaux, nous avons été valorisés. Pour le moment, c’est le meilleur festival de la région des Cascades. Ainsi donc, nous disons merci à Alphonse Karama pour cette belle initiative qui nous magnifie et nous en valeur. 

Amélie Koalga alias Love Linda (artiste, musicienne-comédienne)

« Nous sommes marginalisés au profit des autres artistes étrangers »

C’est un réel plaisir pour nous de traduire nos remerciements à Alphonse Karama pour cette ingénieuse idée des journées de la clairière. Ces journées sont pour nous l’occasion de nous faire voir sur scène et de valoriser notre savoir-faire à travers nos prestations. Alphonse Karama travaille à nous hisser haut. Il fait la fierté et la promotion de la musique locale à Banfora. Malheureusement, ce n’est pas à chaque fois que nous, artistes locaux, sommes portés au plus haut sommet de la tribune. Généralement nous sommes marginalisés au profit des autres artistes étrangers. Si ce sont des sommes colossales qu’eux perçoivent, les artistes locaux repartent avec des 5 000 F CFA. Ce qu’ils oublient, c’est que 5000 F CFA ne peut pas permettre à artiste de vivre de son art et d’aimer son travail. Pour ce faire, nous interpellons les autres promoteurs de spectacles à travailler à nous valoriser d’abord.

Sabo David alias David mascotte de la troupe Kabako de Bonfora

« Les artistes doivent apprendre à aimer d’abord ce qu’ils font »

Les journées de la clairière sont une opportunité à saisir. A travers ces journées, l’occasion est donnée aux artistes locaux de pouvoir communier avec leur public et de faire valoir leur savoir-faire. Il y a plusieurs années que des artistes sont restés dans l’ombre parce qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’avoir des scènes pour communier avec leur public. Ces journées de la clairière sont l’occasion pour nous artistes de nous faire connaître ou de nous faire redécouvrir par le public. Pour ce qui est de la négligence des artistes locaux par des promoteurs, il faut reconnaitre que ça n’a pas commencé maintenant. Qu’à cela ne tienne, il faut que les artistes apprennent à aimer d’abord ce qu’ils font au lieu de se plaindre à chaque fois. L’essentiel pour un artiste c’est de se faire connaitre. Le reste vient après. C’est vrai que lors de certaines manifestations, les étrangers ont un meilleur traitement que ceux de la localité mais je pense que c’est vice-versa. Il arrive des fois aussi que nous allons prester ailleurs et lors de ces prestations, nous sommes plus valorisés que ceux de la localité d’accueil.

Millogo Mariam alias Mamichou (Artiste musicienne des Cascades)

« L’argent ne doit pas primer sur notre art »

Ces journées sont spéciales pour nous artistes de la région des Cascades car elles représentent beaucoup pour nous. C’est un plaisir pour moi de passer sur la scène de ces journées qui sont une tribune d’expression pour nous. Même si je n’ai pas pu jouer en live mais en play-back, cela ne représente rien pour moi. L’essentiel est que j’ai pu communier avec un public chaleureux et accueillant. Si pour la plupart du temps, nous sommes négligés au profit des autres artistes par des promoteurs de festivales de cette région, le seul conseil que je puisse donner à mes collègues artistes est qu’ils travaillent à perfectionner leur talent d’abord. L’argent ne doit pas prendre le dessus sur notre art. Si ton art n’est pas de la qualité, c’est normal que les promoteurs misent plus sur de vrais talents au détriment de toi.

Le groupe Iscan-Ascan (artistes musiciens)

« Il faut bosser dur et le reste viendra »

Dans la région des Cascades, nous avons des difficultés à montrer notre talent aux yeux du public, il nous arrive souvent d’abandonner et d’aller à autre chose. Mais Alphonse Karama, nous donne de la force à travers l’organisation de ces journées de la clairière. Il nous offre l’opportunité de nous exprimer en montrant nos compétences. Grace à ce festival, nous avons eu la chance de monter sur scène et de nous faire valoir. Pour cela, nous lui disons grandement merci pour cette belle initiative qu’il nous offre en tant qu’artistes locaux de nous valoriser et de se faire connaitre. Il faut ces genres de festivales pour nous permettre de nous donner à fond et de savoir qu’il y a quelque chose devant qui nous attend. Cependant, il faut reconnaitre que les artistes de Banfora sont délaissés par certains promoteurs de festivales. Néanmoins, nous traduisons tous nos sincères remerciements à Alphonse pour ces prestations dont la majorité est en live. Nous sommes confrontés à un problème de maison de production à Banfora et offrir le live en de telles circonstances aux artistes est déjà salutaire. C’est d’ailleurs l’occasion pour les artistes de notre localité de savoir qu’ils occupent une place importante. Un artiste de Banfora n’a vraiment pas à envier un autre venu d’ailleurs. Il faut bosser dur et le reste viendra.

Clotilde BICABA

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