La Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) a organisé, le vendredi 03 avril 2026, une réunion de travail avec les partenaires techniques et financiers (PTF) engagés dans la santé maternelle au Burkina Faso. Objectif, renforcer la coordination et l’engagement des partenaires, pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle liée à l’hémorragie du post-partum au Burkina Faso.
L’hémorragie du post-partum (HPP) demeure l’une des principales causes de mortalité maternelle au Burkina Faso. Elle y représente environ 30% des causes de décès maternels. Le contexte de défi sécuritaire auquel fait face le pays avec ses corollaires de fermeture des formations sanitaires et de déplacement forcé des populations menacent les acquis dans le domaine de la santé maternelle. Le gouvernement burkinabè fait preuve depuis des années d’un engagement constant en faveur de l’amélioration de la santé maternelle, par une diversification des stratégies.
Il s’agit notamment de l’adoption et la mise en œuvre de la gratuité des soins de santé maternelle et de la planification familiale, l’activation récente du Centre des Opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), élevant ainsi les décès maternels au rang d’incidents de santé et en améliorant la surveillance et la riposte.
Cependant, malgré une baisse d’environ 32% au cours des deux dernières décennies, la mortalité maternelle reste très élevée, estimée à cent quatre-vingt-dix-huit ((198) pour cent mille (100 000) naissances vivantes. Ce qui est loin des Objectifs pour le Développement Durable (ODD) évalués à moins de soixante-dix (70) pour cent mille (100 000) naissances vivantes. L’accélération de la réduction de la mortalité maternelle est donc un impératif, si le Burkina Faso souhaite maintenir ses chances d’être au rendez-vous des ODD, à l’horizon 2030.
Renforcer la coordination entre acteurs nationaux et PTF
Dans son discours inaugural, le vice-président de la SOGOB, Dr Issa Ouédraogo, a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers. « Chaque jour, des femmes perdent la vie en donnant la vie. Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles brisées, des enfants privés de leur mère. Et parmi les causes, l’hémorragie de la délivrance demeure l’une des plus meurtrières, alors même qu’elle est, dans bien des cas, évitable », a-t-il indiqué.
Pour Dr Ouédraogo, la carbétocine thermostable peut révolutionner la lutte contre l’HPP : « Nous disposons des protocoles, des compétences, et des outils essentiels. Pourtant, les défis persistent : insuffisance d’équipements, ruptures de produits sanguins, manque de formation continue, faiblesse du système de référence et de contre-référence, et accès inégal aux soins de qualité, notamment en zones à haut défi sécuritaire. C’est pourquoi nous sollicitons auprès des PTF l’acquisition et la mise à disposition des praticiens, la carbétocine thermostable, qui est une molécule qui va nous permettre de révolutionner la lutte contre l’hémorragie du post-partum ».
Les PTF sensibles aux sollicitations de la SOGOB
En plus des appuis dans divers domaines, des efforts seront encore consentis par les partenaires techniques et financiers, pour sauver des vies et préserver l’avenir de nos communautés.
« Le Fonds des Nations-Unies pour la Population lutte contre la mortalité maternelle, depuis longtemps, apporte un appui au niveau du ministère de la Santé pour la réduction de la mortalité maternelle, en termes de renforcement des capacités des acteurs, des prestataires, en termes de dotation en matériels médico-techniques et en médicaments pour lutter contre la mortalité maternelle. Donc nous allons nous inscrire dans cette dynamique pour appuyer le ministère de la Santé. Mais aussi, apporter un appui stratégique, durable et orienté vers des résultats concrets. Car aucune femme ne doit mourir en donnant la vie », rassure le chargé de programme santé maternelle du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), Michel Nassa Sawadogo.
Aux cours des échanges, les acteurs nationaux et les partenaires techniques et financiers ont ensemble partagé les données et les interventions en cours dans la prévention et la prise en charge de l’HPP, identifié les principaux défis opérationnels, financiers et logistiques dans la lutte contre l’HPP ; mais aussi identifié les opportunités de collaboration, de financement et d’innovation pour améliorer la prévention et la prise en charge de l’HPP.
La SOGOB prévoit élargir ces cadres de renforcement de compétences à d’autres acteurs, parmi lesquels l’Association des Sage-Femmes et Maïeuticiens du Burkina (ABSFM), dont l’implication est plus qu’importante pour une bonne synergie d’actions.
Karim DIANDA

